Reflexions_Accident
Accueil 
Le Club 
Infos Sites 
Infos Générales 
Météo 

 

L'accident de Claude Maniez a soulevé de nombreuses marques de sympathie dans notre petit monde parapentiste et nous conduit à refléchir sur les mesures à prendre pour que cela ne se reproduise plus , comme a dit Jean Michel "pour que sa mort ne soit pas inutile".

Ci joint les reflexions, infos et remarques de pilotes sur le sujet , livrées "en vrac"

Etienne Collas - Courriel du 24/04/2004

La dispersion des cendres de Claude Maniez a eu lieu vendredi 23 avril à 17h00.

Un grand nombre de parapentistes du club était présent. Le club de randonnée de Claude nous avait rejoint auprès de sa famille et de ses proches.

 

La météo ne nous a pas permis de disperser ses cendres depuis un parapente.

Cela s’est fait vers la combe après lecture du très beau texte de Claude Dossat et d’une chanson en Gascon interprété par sa compagne.

 

Ses fils étaient très touchés et fiers

 

Claude Dossat - Lettre du 23/04/2004

Claude,

Tu as quitté la vie comme on claque une porte.
On était pas préparé et voilà que ce bruit ce propage comme un courant d’air…
         Claude est parti…

Certains te diront Au revoir
D’autres te diront Adieu
Mais pour beaucoup tu seras toujours avec nous.

Pendant un grand nombre d’années,
Tu as sillonné toutes les mers du globe.
Tu travaillais dans un milieu sportif et dangereux,
Cette dureté de la tâche t’aura forgé une ligne de conduite que seuls ces métiers à risques enseignent : une loyauté en amitié, une gentillesse inaltérable.

Tu as claqué la vie comme on claque une porte :
A la plage… devant tes amis parapentistes.
La détresse, la confusion font souffrir ceux qui ne voulaient pas te laisser partir ce jour là.
Nous aurons tous des souvenirs qui déchirent nos corps lorsque nous volerons au dessus de l’océan.

Maintenant que tu fais parti du Baigura, Claude…
Chaque fois que nous viendrons sur cette montagne,
Nous viendrons un peu chez toi…

Et si tu as quitté la vie comme on claque une porte,
On viendra sur ta montagne
Giflé aux quatre vents
Où aucun courant d’air ne refermera nos souvenirs.

 

C.D.

Jean Michel Pineau - Courriel du 22/04/2004

Bonsoir à tous,

Certains m’ont demandé l’heure probable de la dispersion des cendres de Claude demain Vendredi 23 avril 2004.

Je viens de téléphoner à Delphine pour avoir des précisions. La famille souhaite pouvoir faire la dispersion à 17 heures en haut du Baïgura, c’est donc la navette de 16:30 qu’il faut viser.

 

Certaines personnes de la famille de Claude doivent repartir après et ont de la route, nous ne pouvons donc pas modifier l'horaire.

Faites passer cette info à ceux qui n’ont pas internet.

Les copains parapentistes présents représenteront ceux qui n’auront pu se déplacer.

Claude Dossat - Courriel du 21/04/2004

Bonjour ,

    La compagne de Claude MANIEZ, Anne, a été très touchée par les marques de sympathie témoignées par les parapentistes.

    Comme le souligne Etienne, l'incinération se fera jeudi.

    Malheureusement, les choses n'étant jamais aussi simple que cela...

    La famille change la date de dispersion des cendres de Claude et souhaiterait vivement le faire vendredi 23 Avril au sommet du Baigura.

    Cela se ferait évidemment si la météo le permet.

    Cette décision est encore aléatoire car plusieurs opinions familiales troublées par la disparition de Claude s'affrontent.

    Nous serons fixés définitivement que demain soir après lui avoir demandé confirmation.

David Gouzou - Courriel du 21/04/2004

Peter,

Je partage complètement ton analyse.

Pour l'avoir vécu moi-même dans ma profession, je sais combien il est insupportable de n'avoir pas pu réussir une tentative de sauvetage.

Vous avez eu le courage de vous mettre à l'eau, vous avez pris des risques, mais je crois en effet que c'était, hélas, mission impossible avec les moyens en votre possession. Vous n'avez rien à vous reprocher. Claude avait pris la décision de décoller. Il eu tort, il a été trop lourdement sanctionné.

Pour moi, la seule issue est de couper les suspentes pour libérer la victime de l'ancrage de l'aile, si il n'est pas possible de lui défaire la sellette. L'attache élévateurs/selette étant sous tension, il me paraît vain de tenter d'ouvrir les mousquetons.

Je pense qu'il est extrêmement dangereux et donc inutile de voler sur ce site à marée haute. A marée basse, je pense qu'il vaut mieux se détacher avant de tenter de récupérer le matériel, en cas d'attero à la limite de l'eau, et de ne pas hésiter à tout lâcher en cas de problèmes.

Dans tous les cas le danger est grand si la voile tombe dans l'eau.

Même si les circonstances de l'incident qui m'est arrivé récemment au pied de la falaise au Sud d'Erretegia était différentes, j'ai pu mesurer à quel point on pouvait passer de plaisirs à dangers en peu de temps, à marée haute.

Aujourd'hui, le problème n'est pas de savoir si le site continuera à être autorisé ou non. A quoi bon un site autorisé si les pilotes y perdent la vie. La parapente est un sport qui présente certains risques qui sont acceptés et gérés par les pilotes. Le risque de noyade n'est pas apparu samedi, il était présent depuis toujours mais nous ne le prenions pas suffisamment en compte.

Je redis que, à moins d'une grosse erreur de pilotage qui consisterait à s'avancer trop vers l'océan, le risque de noyade me paraît correctement pris en compte si nous ne volons pas à marée haute et/ou forte.

Et en toute circonstance, en cas de doute, ne pas décoller.

Je pense qu'il serait intéressant, sous l'égide du club, d'organiser une réunion d'analyse de ce retour d'expérience, dans le but d'éditer un certain nombre de recommandations qui pourraient être diffusées à la FFVL, aux élus locaux, aux pilotes, aux magazines de parapente, ...

Pour ma part, je pense que je revolerai à Erretegia, mais à marée basse uniquement.

Avec toutes mes pensées pour Claude et sa famille,

David GOUZOU

Etienne Collas - Courriel du 21/04/2004

 

 

J'ai contacté la compagne de Claude MAGNEZ.

 

Elle remercie les membres du club de leurs sollicitudes.

 

L'incinération aura lieu jeudi. Les enfants n'ont pas encore émis de souhait.

 

 

Elle souhaite organiser une dispersion des cendres au sommet du Baigura.

 

Le club de randonnée dont ils faisaient se joindra aux parapentistes désireux de participer à cette dispersion dans le ciel, depuis un parapente. 

 

Cela se fera le 16 juillet 2004, date de l'anniversaire de Claude

Fred Laffargue - Courriel du 20/04/2004

Bonjour,

 

Tout d’abord merci de faire part de vos sentiments ainsi que votre désarroi sur l’incident tragique qui s’est déroulé samedi PM. Claude à été victime et c’est fort regrettable.

Réagir face aux faits, est de loin le minimum que nous puissions faire.

 

Je trouverai dommage de ne plus pouvoir pratiquer sur ce site ou encore, de devoir m’interdire d’y aller. Mais si c’est sur ce site, que réside le fond du problème, je l’accepterai sans regrets.

Malgré mon jeune age et ma faible expérience dans le domaine, g vu et pratiqué sur une bonne variété de sites de vol et je pense que Bidart n’est pas un dien bien fu en puissance, mais seulement un site trop « nature » pour les risques qu’il présente. Une certaine sécurité résidait à la plage d’Ilbaritz mais malheureusement, celle ci n’a pas suivi la délocalisation… A cela on rajoute un certain laxisme de la part des collectivités, qui ne nous permettent pas d’installer une structure ou même un simple panneau d’information ; Un nombre croissant de parapentistes et on obtient une bombe à retardement.

Nous tenons tous en nous du potentiel à problèmes, lorsque nous volons en bord de mer !

Il est clair que nous ne sommes pas équipés convenablement !

Les vols en bord de mer, en plaine ou en montagne ne présentent pas les même risques.

En bord de mer, nous devons penser que près de nous, réside une entité avec laquelle nous devons nous marier et non ignorer ! L’Océan.

Constituons une note d'information destinée à la ligue afin que ces évènements donnent lieu à des mesures concrètes sur le sujet.

Si le message passe et s'il prend place dans l'enseignement... Nous aurons agi positivement.

Les points suivants auront trouvé un bon entendeur de toutes façons et j'espère que la liste finira par faire le tour de tous les dangers en bord de mer...  Si vous pouviez la commenter, la compléter et la faire suivre...

 

  • Les équipements lourds sont à éviter.
  • Les boucles automatiques, deviennent une nécessité.
  • Les combinaisons de vol peuvent se remplir d’eau sans pouvoir l’évacuer.
  • Idem pour les sellettes air bag.
  • Vent et marée, une marge de manœuvre suffisante ( ou encore existante ! )
  • Des maillons rapides pour larguer l’aile au plus vite.
  • Un couteau à portée de main.
  • Et pourquoi pas un flotteur sur la ventrale ou sur le torse !
  • Surtout pas d'équipement pouvant flotter dans le dos ou sous le pilote.
  • ...

 

La liste est loin d’être exhaustive mais si cela peut contribuer à améliorer la sécurité, je signe tout de suite…

 

Voilà,

 

Encore mille regrets pour Claude et son entourage,

 

Fred

Peter - Courriel  du 20/04/2004

Vous avez certainement tous appris le drame qui s'est deroulé samedi apres midi sur notre site parapente en bord de mer et qui a coûté la vie à notre ami Claude Maniez.

Jm. Pineau a ecrit à ce sujet l'article ci-dessus que j'approuve entierement cependant je tiens à y ajouter ma reflexion personnelle pour nous faire encore plus prendre conscience du veritable danger mortel qui peut guetter chacun d'entre nous lorsque nous volons dans certaines conditions comme notamment celles de SAMEDI c'est -à-dire marée montante quasiment haute et mer trés forte.

A BON?  POURQUOI DIRONT LES SCEPTIQUES ????

EXPLICATION QUI TIENT D'UNE EXPERIENCE

En effet, nos tentatives de sauvetage ont, à l'évidence, été totalement inefficaces et aprés réflexion et analyse des faits voire même dangereuses. La mer a su d'ailleurs nous le rappeller à plusieurs reprises. Willy, Jeff et moi-même en avons fait la triste et amère expérience. Aurions nous été dix, le résultat aurait été le même.

 

Dés lors, il faut savoir que si l'on se pose sur le sable en bordure de falaise alors que la marée est haute et la mer forte, c'est DANGER DE MORT. En effet, si par malheur notre voile est prise par une vague et donc prend l'eau, elle nous entrainera irrémediablement au large et aucune - je dis bien aucune - force humaine ne saura lui résister.  

En conclusion, nous devons prendre conscience du réel danger de telles situations et prendre les précautions nécéssaires pour que de tels accidents ne se reproduisent plus.

Avec une pensée pour notre Ami Claude,

 

Peter.

Stan - Courriel 18/04/2004

Juste une petite reflexion et contribution à ce drame et pour peut-être éviter qu'il se reproduise.

 

En sécurité, on applique un principe de précaution tout simple qui est la notion de quasi-accident ie incident sans conséquence qui aurait pu se traduire par un véritable accident. En général, un accident arrive tous les X quasi accident, en moyenne tous les 10 quasi-accidents. Sachant cela, la mesure qui s'impose après un quasi-accident est d'analyser les causes de l'accident et surtout de mettre en place des mesures de prévention.

 

Nous appliquons, consciemment ou pas, individuellement ou collectivement, ce reflexe sécuritaire de prévention. Néanmoins, l'accident fatal de Claude après l'accident de David, et de nombreux autres problèmes à Bidart, doit nous faire plus que réflechir. La mesure suggérée par Jean-Michel, ie ne pa&s voler à marée haute, est une mesure minimaliste. On risque sans doute de nous imposer après les mutiples incidents passés l'interdiction de voler sur le site...

 

Quant à moi, qui ne volais pratiquement pas à Erretegia, je ne vais plus voler sur ce site qui cumule clairement les risques du parapente avec celui de la mer...

 

Stan

Jean Michel - Projet d'article écrit avant le 17 avril

LES PARAPENTISTES SONT-ILS AUTISTES ?

Pas une revue n’est éditée sans y lire des articles écrits par d’éminents professionnels du parapente sur les problèmes de sécurité, sur l’importance d’une bonne formation, sur le grand nombre d’incidents qui pourraient être évités.

Dans le même temps, quand des accidents arrivent, l’attitude habituelle des parapentistes est très lapidaire, du genre :

« C’est la faute à pas de chance !

Au mauvais endroit, au mauvais moment !

C’est un manque d’expérience !

Il volait comme un blaireau ! »

Puis on zappe très vite sur autre chose. Presque jamais on y regarde d’un peu plus près pour en tirer un enseignement, une leçon pour l’avenir. Tout se passe comme si, dans ce milieu, l’expérience des uns ne pouvait en aucun cas servir aux autres.

La vérité est que cette réalité des accidents fait peur. On préfère ne pas y songer : « ça n’arrive qu’aux autres ! »

 

Les professionnels parlent de l’insuffisance de la formation. Il faudrait compléter cette éducation par un volet sur la sécurité, non sur la notion de risque accepté, qui constitue une fausse valeur ; car voir autant de blessés et de morts est inacceptable ; mais par la promotion d’une véritable culture de la sécurité. Les accidents ne sont ni une fatalité, ni le prix à payer ; il y a moyen de pratiquer régulièrement le parapente sans prendre de risques inconsidérés.

Le matériel – vérifié régulièrement - est rarement en cause. Comme sur les routes, c’est plus dans le comportement qu’il faut trouver la voie d’un réel progrès.

Le vol commence bien avant de quitter le sol : la simple observation des éléments pourrait éviter bien des drames. Il y a un côté contemplatif chez tout parapentiste sachons le développer et l’exercer pour une meilleure maîtrise de l’activité.

Le vol des oiseaux, la végétation, les variations de la force du vent, le développement et la vitesse des nuages et bien d’autres indicateurs sont autant de clignotants à prendre en compte avant de se mettre en vol.

Savoir renoncer est aussi important que de savoir voler. A chacun de se fixer ses propres limites. Certes, nous ne maîtrisons pas tout, et c’est pour cela que savoir s’arrêter à temps est vital. Cette humilité face aux éléments doit devenir une seconde nature.

En parapente la psychologie compte énormément : tout est une question de moral. Bien se connaître soi-même et savoir agir avec modération. Le danger, après quelques beaux vols réalisés, est de se prendre pour « le Maître du Monde » et dès lors de se lancer dans des vols engagés au mépris de ses propres limites. Modestie et régularité de comportement sont une des clés de la sécurité.

 

L’ego du parapentiste est souvent développé. Il surévalue souvent ses qualités de pilote. Après quelques beaux vols, il évolue vers des voiles plus pointues. C’est un piège qui peut mal se terminer et qui, au minimum, va sacrifier le plaisir de voler à la performance. Pourquoi voler « cul serré » ? Voler avec une aile adaptée à son niveau.

Promouvoir le vol plaisir en lieu et place du vol compétition. Les discussions d’après vols sont édifiantes à cet égard : tout tourne autour du maximum d’altitude, de distance, de durée, rarement sur la beauté d’un paysage ou de la qualité de l’aérologie du jour. Et pourtant, le bonheur de voler pour beaucoup est bien là : non dans la performance mais dans le plaisir pur de voler, dans le spectacle de la nature contemplée à quelques centaines de mètres du sol.

On ne devient pas parapentiste par hasard. Certains traits de caractère se retrouvent chez chacun d’entre nous. Ils constituent le fondement inconscient de notre sport. Ne gâchons pas la formidable chance que nous avons de voler par un autisme sur la sécurité. Notre activité doit relever ce défi par une réelle culture sécuritaire.

Jean-Michel PINEAU

Jean Michel  - courriel 18/04/2004

Pour ceux qui n’en seraient pas informé notre ami Claude Maniez a trouvé la mort ce samedi 17 avril à la plage d’Erretegia. Après s’être posé à la limite de l’eau, sa voile a été prise par la houle, il a été entraîné dans l’eau et s’est noyé. Le drame c’est déroulé à marée haute en quelques secondes. Malgré l’intervention de plusieurs pilotes il n’a pas été possible de l’en sortir vivant.

Claude aurait voulu que sa mort ne soit pas inutile. Il nous revient collectivement, à nous ses copains, de tirer les enseignements de ce drame. Les alertes, nous les avons eues, à plusieurs reprises et encore la semaine dernière.

Ayons le courage de dire haut et fort que le site de Bidart est dangereux à marée haute où montante.

J’entendais, dès hier soir, certains dires :

Il était dépressif, il était trop vieux, il était hésitant, c’était son heure et bien d’autres choses encore… Bien sûr, un tel drame est l’aboutissement de plusieurs choses : s’il avait mieux serré le relief, si il avait défait ses boucles automatiques, s’il avait abandonné son matos. Il est très facile de trouver plein d’arguments après coup. Mais je vous le dis, ce n’est ni son âge, ni sa force physique qui sont en cause :

S’il n’avait pas décollé par marée haute: il serait encore avec nous.

Juste avant de décoller on lui a dit que la mer présentait un danger à marée haute, il a décidé tout de même d’y aller, ça été son choix malheureux. Savoir renoncer est aussi important que savoir voler. Mais comment renoncer lorsque d’autres sont en l’air malgré le risque ?

Avant que les autorités n’interdisent complètement le site à l’usage du parapente. Prenons les devant et décidons collectivement de nous interdire de voler à marée haute et montante lorsque la mer ne laisse plus la place pour poser en sécurité au pied de la falaise. Ainsi notre ami Claude ne sera pas mort pour rien.

Pour ma part personnelle, je ne volais presque jamais à Erretegia. Désormais je n’y mettrai plus les pieds pour voler, il y a eu trop de problèmes en quelques mois.

Jean-Michel   

[Accueil][Le Club][Forum][Relfexions_Accident][Infos Sites][Météo Weekend][Info Générales][Petites Annonces]
 

Copyright(c) 2004 Haize Hegoa. Tous droits réservés.